Un membre du CA n’est ni un gestionnaire opérationnel, ni un observateur. Son rôle est d’assurer la supervision, de contribuer à l’orientation stratégique et de veiller à la reddition de comptes. Cela implique d’avoir le courage d’agir, de poser les bonnes questions et de participer activement aux décisions structurantes. Avant de vous engager, il est essentiel de bien comprendre les attentes de l’organisation, le niveau d’implication requis et la culture de gouvernance en place.
Siéger sur un CA, c’est aussi assumer les responsabilités fiduciaires qui viennent avec le poste. Les membres du conseil ont un devoir de loyauté, de prudence et de diligence. Cela signifie notamment de prendre le temps de lire la documentation, de comprendre les enjeux financiers et réglementaires, et surtout, d’agir dans le meilleur intérêt de l’organisation. Il est donc important de vous demander : avez-vous le temps, l’expertise et l’appétit pour ce niveau de responsabilité? Il relève également de votre responsabilité de bien vous assurer qu’il n’existe aucun conflit d’intérêts, réel ou apparent, actuel ou à venir.
Posez-vous aussi la question suivante : pourquoi souhaitez-vous siéger sur CE conseil d’administration? Pour apprendre, pour redonner, pour élargir votre réseau, pour influencer un secteur? Il est tout aussi important de clarifier ce que vous pouvez apporter : expertise sectorielle, compétences financières, expérience en gestion des risques, vision stratégique, etc. Un bon arrimage entre les besoins du CA et votre profil augmente la valeur ajoutée, et ce, des deux côtés. Référez-vous aux 10 questions à se poser avant d’accepter un siège pour faire le tour de la question!
Tous les conseils d’administration ne fonctionnent pas de la même manière. Avant d’accepter un mandat, il est pertinent de vous informer sur la mission de l’organisation, sa situation financière, sa réputation, ainsi que sur la dynamique entre le CA et la direction. Un CA en harmonie repose sur la confiance, la transparence et une saine diversité de points de vue. Un climat dysfonctionnel ou un flou dans les rôles peut rapidement transformer un mandat porteur en un sentiment de frustration chez vous. N’hésitez pas non plus à demander le plan stratégique le plus récent : il vous permettra d’évaluer si vous pouvez y contribuer de façon significative. Une rencontre avec la présidence du CA et la direction générale est aussi une excellente pratique pour bien comprendre les réalités de l’organisation et du conseil.
Enfin, il est tout autant important de vous assurer que les valeurs de l’organisation sont compatibles avec les vôtres avant d’accepter un siège. N’ayez pas crainte de vous informer sur ce genre de questions, elles sont essentielles pour vous assurer que vous ayez aussi du plaisir à siéger! Une fois confortable avec votre vérification diligente, engagez-vous… et pour vrai! Vous ferez assurément avancer une organisation qui vous tient à cœur et c’est le plus beau cadeau que vous pouvez lui offrir.
Olivier Fiset, conseiller principal
Denis Risler, conseiller expert
Avant de dire OUI à un CA : 10 questions essentielles
- Est-ce que je comprends clairement la mission, la vision et les enjeux de l’organisation?
- Quelles compétences puis-je apporter à ce CA?
- Les attentes envers les administrateurs sont-elles explicites?
- Ai-je réellement le temps et la disponibilité nécessaires?
- Le rôle du CA est-il bien distinct de celui de la direction générale?
- Ai-je une bonne compréhension de la situation financière et organisationnelle?
- L’organisation dispose-t-elle d’une assurance responsabilité pour les administrateurs?
- La culture au sein du CA favorise-t-elle des échanges sains et stratégiques?
- Mes motivations et mes valeurs sont-elles alignées avec la mission de l’organisation, et non seulement avec mon intérêt personnel?
- Ce mandat me permettra-t-il de contribuer de façon utile et pertinente à l’organisation?
Si certaines questions manquent de clarté, il est préférable de clarifier le tout avant de s’engager.

